Cette chanson me fais penser à toi. Encore plus que je ne pense à toi habituellement. Elle me fous un cafard des plus désraçonnants. Et j'aimerais tant avoir l'inspiration de Florine, et écrire des textes à désarmer tout les guerriers de ce petit monde. Mais je n'ai que des mots simples. Des enchevètrements de "Je t'aime" et de "Tu me manques" qui sonnent comme ces accords dissonnants à côté de l'amour que je te porte. Alors que veux-tu chéri. Je t'aime, tu me manques. Si je te racontais une histoire? C'est l'histoire d'une fille qui s'endormait tout les soirs de ses deux semaines de vacances dans un lit jumeaux trop petit, et qui donc faisait sortir ses pieds sur le bout. Mais ce soir là, les pieds rentraient dans le lit. La fille avait acheté des cartes postales. Moches certes, comme toutes ces cartes postales sans intêrets, mais elle savait que c'était l'intention qui comptait. Elle ne faisait donc pas sortir ses pieds car elle était assise dans ce lit trop étroit. Arrivée devant le papier, le stylo dans la bouche, la pénombre berçant ses envies d'écrire, elle se demandais quoi dire à ce garçon. Celui à qui elle écrivait. Puis sans raisons elle se mit à pleurer. Non non elle ne devait pas. On l'aurait vu sur la carte. Les larmes auraient éclatées sur le papier et auraient formé des auréoles trop suspectes. Elle léchait alors ses joues à chaque fois qu'une larme y coulait et se mit à écrire d'une main tremblante. Arrivée à la fin de la carte, elle comprit enfin pourquoi elle pleurait. Elle écrivait à cet homme, cet homme qui malgré tout le mal qu'elle lui donnait lui disait je t'aime. Cet homme avec qui elle sortait, mais à qui elle ne pouvait pas dire je t'aime. Tout simplement car elle ne voulais pas qu'on lui brise une fois de plus le coeur. Mais d'un seul coup elle comprenait. Elle comprenait que ce garçon qu'elle faisait souffrir, elle l'aimait. Et qu'elle n'avait pas à en avoir peur de ce sentiment. Elle réalisait enfin qu'il était l'homme de sa vie. Alors elle inscrivit quelques mots doux et s'excusa pour l'écriture tremblante. Elle s'allongea et continua à pleurer de plus belle. Elle avait enfin oublié l'autre et elle avait trouvé son homme, celui qu'elle garderais jusque la mort. Celui qui lui ferais des enfants, celui avec qui elle se marierais. Elle était heureuse, et pleurait du mal qu'elle lui avait fait. Elle se rappellais exactement cette phrase "Florian, je ... Je ne peux pas te dire je t'aime. Je ne veux pas te quitter, loin de là, mais il faut que tu me laisses du temps." Et elle s'en voulait. De lui avoir fait peur, de l'avoir fait souffrir. D'avoir douté elle même de l'amour qu'ils se portaient l'un l'autre. Et maintenant sais-tu ce qu'elle fait cette fille chéri? Elle est devant son ordinateur et elle écrit à ce fameux Florian. Elle lui raconte leurs débuts à sa façon. Et elle en pleure. Et elle se dit qu'elle veux encore une fois, gagner un Bob l'éponge à la fête de Morez. Ou alors qu'elle veux encore embrasser son amoureux devant la voiture de sa belle mère. Ou encore qu'elle veux encore poser sa tête sur son torse, allongée dans l'herbe verte. Et elle s'ajoute elle même qu'elle veux aussi le revoir très vite son amoureux. Parcequ'elle veux encore se faire des tonnes de souvenirs de leurs premiers mois ensemble, pour qu'elle s'en rapelle comme si elle y était toute sa vie. Et pour qu'elle moeurt enfin avec ces jolies images d'adolescence dans les yeux. Ou tout simplement elle pense à ça pour se torturer. Parcequ'elle aime savoir qu'elle pleure pour son homme. Comme les femmes d'antant qui voyaient leur homme partir à la guerre, elle elle voit le sien partir loin de son coeur, et le déchirer un peu plus en même temps.Tout en sachant que lorsqu'elle le reverras elle sera encore plus heureuse qu'avant. C'est là que la fille se dit qu'il faut toujours profiter à deux cent pour cents de l'instant présent. Cette fille, si tu ne l'avais pas encore deviné, elle s'appelle Gabrielle. Et mon dieu, ça en fait peur comme elle t'aime.